Oxydovox

16 septembre 2009

Franck Herbert (Dune)

Dune    dune_2  dune_3  dune_5  dune_4  DUNE_6  DUNE7 


Notes prises au cours des 7 tomes de cette saga étonnante. Dune n'est pas qu'un simple roma SF. C'est tout un monde créé par F. HERBERT, monde dans lequel il décortique les psychologies humaines et analyse les systèmes sociaux. On peut également y voir une étude philosophique sur l'exercice du pouvoir. C'est une grande oeuvre.

  • L'amour est un mauvais marché Car il n'est assorti d'aucune garantie.

  • Comme si la répétition pouvait faire naître la vérité !

  • Quand une chose disparaît, c'est un indice aussi valable que quand une chose apparaît subitement. Les espaces vides sont toujours intéressants à étudier.  

  • Ni te trouve jamais en compagnie de quelqu'un au côté duquel tu ne voudrais pas mourir. 

  • Le chef est celui qui s'efforce de perpétuer les conditions de son existence. Ainsi, il a besoin de ceux de l'extérieur. 

  • Chaque tentation contient une leçon.
  • Je suis intransigeant seulement avec ceux qui refusent de vivre à la hauteur de leur propre force.
  • Entre l'inhumain et le surhumain il ne me reste pas beaucoup de place pour être humain.

  • S'il faut que vous donniez un nom à l'absolu, utilisez son nom propre: provisoire.

  • Nous ne sommes pas des gens qui ne font que passer. Nous sommes des éléments primordiaux qui servent à joindre une pièce du temps à l'autre. Et lorsque nous serons passés, tout retombera dans un non-bruit mais rien ne sera jamais comme avant notre passage.

  • Le gouvernement n'est rien d'autre qu'un mythe partagé. Quand le mythe s'éteint, le gouvernement meurt.

  • Le principe politique est simple: ceux qui s'opposent à un projet doivent le superviser afin d'y mettre un terme à la moindre défaillance. 

  • Litanie contre la peur (Bene gesserit)

Je ne dois pas connaître la peur. La peur est l'ennemie de la raison. La peur est la petite mort qui cause l'anéantissement total. Je fais face à ma peur. Je la laisse passer en moi, autour de moi. Et quand elle est passée, je suis ses traces dans ma vision intérieure. Là où elle est allée, il ne demeure plus rien. Plus rien d'autre que moi. 

  • Les humains sont contents lorsque chacun occupe sa place, lorsque chacun sait parfaitement ce qu'il représente dans l'agencement des choses et ce qu'il peut espérer accomplir. Détruisez cette place et vous détruisez l'être.

  • J'ai regardé ces choses et j'ai compris pourquoi elles se trouvaient là. C'était pour que je les voie. 

  • Qui méprisez vous ? Par cela, on vous connaît vraiment.

  • Laissons le transpirer un peu. Les instruments du pouvoir doivent toujours être affûté et prêts. La puissance et la peur.... Toujours affûtés et prêts.

  • Est terrifiant ce qui rend un humain surhumain.

  • On ne peut renvoyer ainsi le peuple sans qu'il ait dépensé son énergie.

  • Lorsque viendra le temps de pleurer, je pleurerais.

  • Le don de surprise est le plus grand de tous!

  • Les cercles sont des enclos. Tout ce qui sert à enclore ou à limiter a nécessairement un côté tourné vers l'infini.

  • Par votre croyance dans les singularités, dans les absolus granulaires, vous niez le mouvement, y compris celui de l'évolution! En laissant persister dans votre perception du monde l'image d'un univers granulaire, vous vous rendez aveugle au mouvement. Lorsque les choses changent, votre univers absolu disparaît, n'étant plus accessible a vos perceptions à vos perceptions auto- limitées. L'univers vous a finalement laissé derrière lui.  

  • Qu'avons nous payé là ? Qu'y avons nous acquis ?

  • Sans les nobles fins, nous nous ne sommes rien.

  • La férocité qui nous manifestons envers nos ennemis est toujours tempérée par la leçon que nous espérons leur donner. 

  • La bénédiction du Ciel est sur ceux qui savent cacher les imperfections des autres même à leurs propres yeux.

 

En savoir +: WIKIPEDIA

Posté par Oxyd2 à 15:10 - Notes de lecture - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , ,


15 septembre 2009

Le Mont Analogue - René Daumal

montagne

  • Définitions. - L’alpinisme est l’art de parcourir les montagnes en affrontant les plus grands dangers avec la plus grande prudence.   

        On appelle ici art l’accomplissement d’un savoir dans une action.
        On ne peut pas rester toujours sur les sommets. Il faut redescendre…

A quoi bon, alors ? Voici : le haut connaît le bas, le bas ne connaît pas le haut. En montant, note bien    toutes les difficultés de ton chemin ; tant que tu montes, tu peux les voir. A la descente, tu ne les verras plus, mais tu sauras qu’elles sont là, si tu les as bien observées.

  • Il y a un art de se diriger dans les basses régions, par le souvenir de ce qu’on a vu lorsqu’on était plus haut. Quand on ne peut plus voir, on peut du moins encore savoir.

  • Lorsque tu vas à l’aventure, laisse quelque trace de ton passage, qui te guidera au retour : une pierre posée sur une autre, des herbes couchées d’un coup de bâton. Mais si tu arrives à un endroit infranchissable ou dangereux, pense que la trace que tu as laissée pourrait égarer ceux qui viendraient à la suivre. Retourne donc sur tes pas et efface la trace de ton passage. Et même sans le vouloir on laisse toujours des traces. Réponds de tes traces devant tes semblables. (...)

  • Un compagnon beaucoup plus expérimenté que moi me dit : « Quand les pieds ne veulent plus vous portez, on marche avec la tête. » Et c’est vrai. Ce n’est peut-être pas dans l’ordre naturel des choses, mais ne vaut-il pas mieux marcher avec sa tête que penser avec ses pieds, comme il arrive souvent ? (...)

  • Si tu fais une glissade, une chute sans gravité, n’aie pas un instant d’interruption, mais déjà même en te relevant reprends la cadence de ta marche. Note bien dans ta mémoire les circonstances de ta chute, mais ne permets pas à ton corps d’en remâcher le souvenir. Le corps cherche toujours à se rendre intéressant par ses tremblements, ses essoufflements, ses palpitations, ses grelottements, ses sueurs, ses crampes. Mais il est très sensible au mépris et à l’indifférence que lui témoigne son maître. S’il sent que celui-ci n’est pas dupe de ses jérémiades, s’il comprend qu’il n’y a rien à faire pour l’apitoyer, alors il reprend sa place et accomplit docilement sa tâche.(...)

En savoir plus: WIKIPEDIA


Posté par Oxyd2 à 18:23 - Notes de lecture - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , ,

04 septembre 2009

L'entreprise et le Général

                      general




Texte retrouvé dans mon disque dur. Je n'ai pas eu le courage de tout relire: il s'agit d'un morceau de bravoure (il reste donc des maladresse dans ce texte un peu pédant)! Cette histoire est vraie dans les grandes lignes. Le général ne boude plus maintenant mais moi... si ! Bisque, bisque, rage ! (lol)

Monsieur,

Cette lettre, vous ne la lirez probablement jamais. Je compte pourtant la rendre publique à la mesure de mes moyens. Il ne serait alors ni utile ni professionnel de vous y nommer. En agissant de la sorte, je contreviendrais d’ailleurs à la loi puisque les propos que je tiendrais dans cette lettre ne reposent que sur quelques faits et beaucoup de spéculations. Ils seraient alors assimilés à de la calomnie.

Vous l’adresser personnellement me comblerait mais cela représenterait un possible danger pour mon travail dont ma famille et moi n’avons actuellement pas les moyens de nous passer. Bref, à ma grande déception, je ne dispose pas du luxe de la franchise. Je ne désire finalement pas non plus vous affliger bien que je sois persuadé que si l’occasion de lire ces mots vous était offerte, vous ne seriez pas en mesure d’y entrevoir une quelconque possibilité de vous remettre en question.

Hélas pour le différent qui nous concerne, l’époque n’est plus aux duels. C’est donc uniquement pour satisfaire un irrépressible besoin personnel que j’écrirais ces mots pour vous… sans vous. Ce sera une histoire et je me servirais de cynisme pour brider la colère et la déception.

Où commencer ?

Ce fut donc un jour où vous m’avez marqué de votre ineffable mépris. Vous l’aviez fait en d’autres circonstances mais sans doute ne vous en étiez vous pas rendu compte. Ce jour précis, votre impolitesse était volontaire. En cela, elle était inacceptable. En d’autres temps, je vous aurais probablement provoqué en duel. Soupçonnant votre éducation, vous auriez probablement accepté, me laissant le choix des armes comme il convient à l’offensé. Tout « sabreur » que vous êtes, vous auriez eu la désagréable aventure de constater que le premier sang versé n’aurait pas été le mien. Vous avez en effet, Monsieur, l’habitude de sous-estimer tout ce qui n’est pas vous. C’est là un défaut dont, s’agissant de votre personne, j’aurais abusé avec un certain plaisir. N’en doutez pas. …

Gide disait que la hauteur de l’orgueil se mesure à la profondeur du mépris. Il ne vous avait pourtant point rencontré. Peut être parlait-il de lui-même. Ainsi, finalement, avez-vous peut être quelque chose de commun avec le génie, du moins avec ce génial écrivain, si ce n’est le feu de sa lucidité cynique qui donnait à sa personnalité une lumière assez forte pour atténuer les ombres de ses vices. Mais soit, considérons avec justice que vous n’êtes pas le seul exemplaire de ces hommes dont la haute opinion d’eux même rend aveugle aux réalités de leur condition.

Qui êtes-vous vraiment ? Comment vous comprendre ? Peut-être en prenant la liberté d’imaginer ce qui vous a pu façonner cette pitoyable personnalité.

Vous avez été militaire et officier Monsieur. Officier supérieur. (Gageons qu’à vos gallons de commandant, vous avez frissonné du plaisir contenu d’appartenir à ceux qui pouvaient porter ce titre). Vous avez mené l’essentiel de votre carrière dans l’arme appelée  « le train ».

Cette arme est le « bémol » de l’officier de carrière. Non pas que la logistique et l’approvisionnement des combattants soient une tâche secondaire, bien au contraire, mais le Train ne se compose pas d’unités dites de combat… Ce n’est pas l’endroit où l’on peut caresser le rêve de voir l’ennemi vous consacrer héros. Ce n’est pas la spécialité militaire où l’on peut exercer un commandement opérationnel qui justifie la mission du soldat et en fait briller l’aura populaire : le combat. Pour le militaire de carrière, cela laisse toujours une cicatrice à l’âme, parfois aussi profonde que celles que les autres ont subi sur le corps lors d’un feu ennemi. L’officier du Train doit se résoudre à abandonner ses rêves de gloire et de prestige et à faire face à la règle tacite qui prévaut dans l’armée et qui ne met pas sur un même plan « l’arrière » et « l’avant »... Il doit constamment affronter le regard subtilement hautain de ses collègues d’infanterie ou de cavalerie et même la condescendance empruntée de ceux de l’artillerie qui ont pour certain, l’outrecuidance de rappeler que Bonaparte fut l’un d’entre eux. (Ah, si seulement un seul grand guerrier meneur d’homme était seulement sorti du Train ! ).

C’est peut-être la raison pour laquelle, afin d’exister, vous avez été obligé d’affûter votre esprit dans l’étroitesse vieillotte des bureaux de caserne, entre la rigueur des règlements et les manuels de service, sans rarement porter d’autres armes que cette morgue qui fut au fil des années le blindage qui protégeait votre Ego du fatal renoncement à la gloire.

Vous avez certainement été efficace, à votre manière. Dans ce cadre bien particulier, tout empli de procédures, de tableaux et de statistiques, où les contraintes donnent à l’esprit le temps et l’opportunité de se concentrer des heures entières sur une tâche en particulier, votre intelligence trouvait sa place et parfois sa pertinence.

Je vous imagine, encore jeune lieutenant-colonel, rédigeant des heures durant de brillantes notes de services, pesant les mots, ajustant les virgules, précisant les conduites à tenir, mesurant avec rigueur et précision la signification des phrases. Il était impératif que l’ordre écrit corresponde strictement à l’action que vous souhaitiez mettre en œuvre. La dotation mensuelle réglementaire de stylos ne devait pas être suffisante pour faire face à cette boulimie de justesse et d’exactitude. Vous produisiez des chef-d’œuvres. Vous le saviez. Ah ! Ces officiers coloniaux n’avaient qu’a bien se tenir avec leurs manières de soudards, leur langage de charretier, leurs histoires de champs de batailles, leurs croix de guerre et la proximité relationnelle compromettante qu’ils adoptaient avec la troupe.

Vous avez parfois, je le sais, détesté le système corrompu qui permettait à ces esprits inférieurs, non seulement d’afficher des résultats que votre haute hiérarchie trouvait intéressants alors qu’elle négligeait les votre mais encore qui leur concédait l’estime et la valeur de l’exemple alors que vous étiez maintenu dans l’ombre. Quelques uns de ceux-là, entraient injustement dans l’histoire en gagnant, par hasard, une bataille alors que vous ne figuriez même pas dans le « Who’s who » ! Terrible destinée que d’affronter cette ingratitude des hommes et des évènements.

C’est alors avec rage, affichant une indéfectible rigueur, que vous suiviez votre intime conviction toute pétrie d’ordre et de hauteur, refusant d’écouter les avis de vos subordonnés. Desservissant votre carrière, ceux-ci ont effectivement toujours été bien en deçà de ce que vous étiez en droit d’attendre de la part de militaires et de civils spécialisés dans la logistique et la maintenance. Cela vous a permis, malgré eux, de faire en sorte que jamais, sous votre commandement, il ne manque une ampoule aux phares de vos ambulances, un boulon à vos camions de ravitaillement, un bouton à l’uniforme de ces fainéants inconsistants dont on vous avait infligé le commandement. Ce fut votre combat à vous, votre foi inébranlable et votre légitime fierté.

Avez-vous eu des amis ? Existe t’il des hommes ou des femmes qui puissent jamais, même un moment, approcher la logique brillante de votre esprit tout en s’en rendant compte ? Existe t’il, dans ce monde d’insouciants, de rieurs, d’amoureux et d’inconsistants, quelqu’un qui fasse comme vous la preuve de son abnégation face au génie non reconnu ? Vous seul avez la réponse.

Bref, vous terminâtes votre carrière Colonel, promu Général de Brigade dans la 2ème section quelques mois avant la retraite, ce qui veut dire, nous le savons vous et moi, que l’on ne trouva pas sur vos épaulettes la place nécessaire pour y coudre une étoile avant d’être certain que vous ne puissiez en user.

L’on vous récompensa cependant, comme l’état magnanime sait combler ses fonctionnaires appliqués. Au ministère de la défense, après avoir balisé chaque décennie de service par des médailles, l’on vous gratifia, avant de vous voir quitter définitivement les rangs, d’une une solde de réserve de Général, dont le montant est équivalent à celui de la pension de retraite mais qui est fiscalement considérée comme un revenu d'activité, ce qui permet de bénéficier de la déduction de 10 % pour frais professionnels dans le calcul de l'impôt sur le revenu. Vous conserviez également, à vie, le bénéfice des avantages tarifaires accordés aux militaires en activité pour leurs déplacements en train. Ainsi pouvez vous toujours user à l’envie la feutrine des wagons de 1ère classe en songeant à la république reconnaissante tout en tenant à l’écart la masse ignorante de ses contribuables ignorants.

Cela aurait pu se terminer là et vous n’auriez alors plus eu à supporter l’effroyable médiocrité du monde. Alors pourquoi, Monsieur, avez-vous décidé de venir cumuler votre solde à un salaire de responsable de service dans cette entreprise où je tente avec humilité et sans grande intelligence d’accomplir mon pauvre métier ? Je ne vous dirais pas ce que nos vies ont de couleurs, de passions, de souffrances, d’abnégation, d’héroïsme silencieux, de flamboyance, de compassion, d’amour et parfois même d’élévation. Vous ne pourriez me croire et je n’aurais pas le courage surhumain qui consisterait à vous l’expliquer et à le confirmer de preuves irréfutables.

Mais pourquoi donc vous frotter encore à l’incompréhension de vos dissemblables ? Pourquoi subir encore les regards entendus, les bureaux qui se ferment sur votre passage et parfois les ricanements qui en jaillissent. L’argent ? Le statut social ? Le besoin d’action ? La volonté de fuir votre ménage ou finalement la peur… La peur d’avoir peut être un jour à affronter votre propre mépris ?

Je peux comprendre ce qui provoque en vous l’impolitesse hautaine que constitue le fait d’entrer dans le bureau de quelqu’un sans y être invité et d’y demeurer en interrompant les conversations qui ne vous regardent pas. J’ai la prétention de concevoir que le gouffre qui sépare la justesse de vos analyses avec notre pauvre capacité à raisonner soit la raison de votre incapacité à communiquer normalement. J’ai la faiblesse de penser appréhender ce qui, de votre point de vue, rend absolument tout suspicieux et particulièrement les joies simples ou les manifestations de camaraderie. Je parviens à conceptualiser l’indifférence dont vous gratifiez ceux qui auraient eu la perversité de ne pas être d’accord avec vous (bien que je me félicite de faire désormais partie de ceux que vous boudez avec une admirable obstination).

Mais je m’octroie fermement l’impertinence de constater que si vous possédez une réelle capacité à analyser les problèmes, vous faites preuve d’une non moins réelle incapacité à mettre en oeuvre des solutions qui leur soient applicables. Très objectivement, dans cette entreprise où vous nous faites la grâce incomprise de hanter les murs, je ne peux constater aujourd’hui aucune conséquence réellement intéressante produite par votre travail. Je ne peux sincèrement observer aucun résultat de votre réflexion qui ne soit à l’œuvre dans cette entreprise sans qu’il n’ai été traduit ou remanié, souvent à votre insu, afin de le rendre digérable par le commun des mortels. Pas une note de service mise en application, pas une recommandation qui ne soit réellement suivie d’effet. Pourquoi s’obstiner encore ? Aux fruits qu’ils produisent, on reconnaît, paraît-il les arbres. Je serais surpris de vous entendre un jour me parler des vôtres. De jolies pommes, de très belles poires…Il serait pour une fois joyeux de deviser avec vous de choses dont le sens concret ne m’échapperait pas.

Bref, plutôt que d’user votre talent pour des êtres qui ne peuvent l’apprécier et sur lesquels vous ne pouvez faire valoir le droit militaire pour imposer vos vues, peut être devriez vous faire d’avantage profiter les vôtres de votre superbe en vous retirant dans quelque propriété familiale de campagne où votre carrière aura quelque prestige. Vous pourriez ainsi occuper un bureau de maire et pourvoir ainsi au destin d’une communauté qui vous serait dévouée voir même, enfin, reconnaissante.

Enfin, bien que j’ai eu parfois la perversité de ressentir quelque contentement à travailler parfois avec vous en considérant le résultat que je pouvais attendre de vos remarques judicieuses et éclairées, je forme aujourd’hui le vœu impie de vous voir prochainement définitivement quitter ces lieux. Considérant votre âge, ce moment ne saurait plus trop tarder. En attendant, je me contenterais de vous ignorer, vous effaçant ainsi du monde que je perçois et qui, métaphysiquement, est la seule réalité.

En concluant que le ciel immense n’est pas composé que d’étoiles, fussent elles celles d’un Général.

Monsieur, j’ai bien l’honneur…

Posté par Oxyd2 à 17:50 - Ca fait du bien ! - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , ,

DESIDERATA (Texte trouvé dans une église de Baltimore ?)


desiderata

Auteur inconnu
(1692)

Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence.

Sans aliénation, vivez, autant que possible en bons termes avec toutes les personnes. Dites doucement et clairement votre vérité. Ecoutez les autres, même les simples d'esprit et les ignorants, ils ont eux aussi leur histoire.

Evitez les individus bruyants et agressifs, ils sont une vexation pour l'esprit.

Ne vous comparez avec personne : il y a toujours plus grands et plus petits que vous. Jouissez de vos projets aussi bien que de vos accomplissements. Ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe.

Soyez vous-même.

Surtout, n'affectez pas l'amitié. Non plus ne soyez pas cynique en amour car, il est, en face de tout désenchantement, aussi éternel que l'herbe. Prenez avec bonté le conseil des années en renonçant avec grâce à votre jeunesse. Fortifiez une puissance d'esprit pour vous protéger en cas de malheur soudain.

Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères. De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude.

Au delà d'une discipline saine, soyez doux avec vous-même. Vous êtes un enfant de l'univers, pas moins que les arbres et les étoiles. Vous avez le droit d'être ici. Et, qu'il vous soit clair ou non, l'univers se déroule sans doute comme il le devait. Quels que soient vos travaux et vos rêves, gardez dans le désarroi bruyant de la vie, la paix de votre cour. Avec toutes ses perfidies et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau.

Tachez d'être heureux.

Posté par Oxyd2 à 15:21 - Les textes qui marquent - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , ,

If (R. Kippling)

Kippling

Traduction de Paul Eluard

Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir
Ou perdre d'un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir

            

Si tu peux être amant sans être fou d'amour
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre
Et, te sentant hais, sans haïr à ton tour
Pourtant lutter et te défendre

         

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour qu’existent des sots
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot

         

Si tu peux rester digne en étant populaire
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi

       

Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître
Penser sans n’être qu’un penseur

            

Si tu peux être dur sans jamais être en rage
Si tu peux être brave et jamais imprudent
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front

            

Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront

         

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils

Posté par Oxyd2 à 15:12 - Les textes qui marquent - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : ,

Parce qu'il faut bien commencer...

                                     JARRIE

... et que je sais que tu n'aimes pas ça. Hein Juju ?! (Bon. Ca c'est fait (X))

Ca fait longtemps qu'on en a parlé: "Et si on faisait un blog ensemble ?" Une femme, un homme. Deux points de vue, deux sensibilités, deux histoires, deux âges, deux vies quoi... Mais on aura le temps de raconter tout ça, à notre façon, puisqu'ici c'est fait pour ça !

Comme convenu, nous masquerons nos identités derrière des pseudos. La liberté est à ce prix.

J'ai squeezé l'ancien Blog perso. que tu connaissais et sur lequel je n'avais plus rien écrit depuis 1 an... Je suis un peu mono-tâche ! Je me concentrerais sur celui-ci.

Posté par Oxyd2 à 11:17 - Humeurs - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : ,